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  • E-sport et vie scolaire au Bénin, des avenues à explorer

    E-sport et vie scolaire au Bénin, des avenues à explorer

    L’e-sport au Bénin a vocation a devenir un pilier de l’activité extrascolaire pour les élèves du collège et du lycée. C’est une idée que l’association AfriGamers défend depuis ses tous débuts et qui continuer de guider nos actions. En Février, nous avons eu l’opportunité d’expérimenter ce rapprochement entre cadre scolaire et vidéoludique au travers d’une activité conduite à l’Institut Français de Cotonou.

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    Construire le pont entre e-sport et vie scolaire au Bénin

    Au Bénin, comme ailleurs en Afrique et dans le monde, de nombreux programmes ont été mis en place pour encadrer les plus jeunes. Ces programmes s’articulent autour d’activités extra-scolaires censées développer chez les participants, des facultés utiles pour le cursus académiques, pour le futur professionnel et pour la vie en société. Il n’est pas rare que ces programmes s’articulent parfois autour du jeu, compte tenu de sa valeur cruciale pour le développement harmonieux de l’enfance.

    Depuis ses tous débuts, AfriGamers défend la portée pédagogique des jeux-vidéo. Non seulement nous estimons que les contenus vidéoludiques peuvent être des leviers d’apprentissage efficaces ; mais surtout, nous faisons la promotion de leur valeur en tant que loisir édifiant, à condition de s’y adonner dans les bonnes conditions.

    L’ambition d’AfriGamers est que les jeux-vidéo en tant que pratique pédagogique parallèle ou sous leur forme compétitive, puissent être intégrés dans les programmes extra-scolaires au Bénin. Si le terme « e-sport et vie scolaire » est aussi englobant, c’est parce que ceci pourrait prendre la forme de clubs e-sport scolaires, de médiathèques vidéoludiques et plus encore. C’est dans cette optique que nous avons expérimenté ce qui pourrait être un format adapté au cours du mois de Février 2025, à l’Institut Français de Cotonou.

    Des activités ludiques et pédagogiques pour des expériences enrichissantes

    Les éducateurs sont les premiers à souligner l’importance du jeu dans le contexte de l’apprentissage. “Jouer c’est apprendre” et il a été maintes fois démontré que le jeu sous-tend les facultés d’apprentissage des plus jeunes. C’est cette dynamique que nous avons eu l’opportunité de découvrir lors des ateliers pédagogiques organisés dès 2014-2015. Et c’est encore une fois sur cette base que nous avons élaboré ce rapprochement entre e-sport au Bénin et vie scolaire à l’Institut Français de Cotonou les 25, 26 et 28 Février 2025.

    Ainsi, l’activité s’est articulée autour de trois piliers principaux :

    • Le jeu libre : comme son nom l’indique, cette activité consiste à miser à 100% sur le divertissement. Les élèves sont libres de joueurs aux jeux de leur choix à condition de jouer ensemble. Il peut s’agir de jeux d’aventure, de jeux de combat, de jeux de simulation sportive, etc.
    • Les jeux à forte valeur pédagogique : ici, il est question de proposer des jeux qui font appel au sens de l’observation, à la déduction, à la logique, à la reconnaissance des formes et des séquences, etc. Pour la plupart, il s’agit de jeux de puzzle interactifs au cours desquels nous encourageons les élèves à échanger entre eux pour émettre des hypothèses, les confronter, les défendre et les tester jusqu’à arriver à la résolution.
    • Les tournois e-sport : ce dernier pilier consiste à faire découvrir la pratique compétitive des jeux-vidéo. On choisit typiquement des jeux populaires et des jeux retenus comme disciplines e-sport dans les instances internationales. L’objectif est de faire découvrir les formats compétitifs et la structuration des tournois de manière accessible.
    e-sport au Bénin et vie scolaire

    Pendant l’activité organisée à l’IF de Cotonou, nous avons également fait le choix de procéder à un atelier spécial autour de la découverte (ou redécouverte) des jeux rétro. Essentiellement, nous avons fait le tour de jeux populaires dans les années 90 et 2000, pour que les élèves puissent les découvrir.

    Ce fût l’occasion pour les plus jeunes de réaliser de certaines mécaniques universelles des jeux-vidéo et de leur langage interactif, étaient déjà adoptées depuis fort longtemps. Et dans certains cas, découvrir comment certains jeux d’antan ont façonné les jeux d’aujourd’hui.

    Conclusion

    Cette expérimentation a été édifiante pour les participants et pour l’équipe AfriGamers. Elle nous a permis de peaufiner encore plus les formats propices pour une intégration du jeu-vidéo dans un contexte scolaire. Non seulement comme divertissement et loisir, mais surtout comme outil d’apprentissage, levier d’éveil et cataliseur d’un épanouissement sain des élèves. Rapprocher e-sport au Bénin et vie scolaire au Bénin est un projet qui nous tient à cœur, et pour lequel nous espérons pouvoir compter sur l’appui et les perspecitves variées de tous ceux qui s’y intéressent, de près ou de loin.

  • Création Africa, Le forum des industries culturelles et créatives

    Création Africa, Le forum des industries culturelles et créatives

    La culture est certainement l’un des piliers de la diplomatie le plus sous-exploitée sur le continent. S’il est vrai que de nombreuses initiatives récentes ont permis de faire parler du patrimoine culturel de certains pays, nous sommes encore loin du “soft power” phénoménal que la culture peut apporter à un pays. C’est dans ce contexte que le Forum Création Africa vient donner un nouvel élan aux industries culturelles et créatives du continent. 

    Il s’est tenu à la Gaîté Lyrique et au Conservatoire national des arts et métiers, les 7 et 8 octobre 2023, le 1er Forum des Industries Culturelles et Créatives. Un rendez-vous qui a réuni à Paris, des acteurs de la scène culturelle africaine et des partenaires français, autour d’un engagement commun. Redéfinir ensemble, les perspectives des destins interconnectés entre l’Europe et l’Afrique. En particulier, dans un contexte où les ICC deviennent un secteur de plus en plus porteur sur le continent africain. 

    Les Industries Culturelles et Créatives (ICC), qu’est-ce que c’est ?

    En termes simples, les industries culturelles sont toutes les activités génératrices de valeurs et d’emplois qui sont liées à “la création, au développement, à la production et à la diffusion de biens, de services et d’activités à contenu culturel, artistique et/ou patrimonial”. 

    Lors de sa visite officielle au Bénin en Juillet 2022, le Président de la République française, Emmanuel Macron, avait émis l’idée d’un forum qui permettrait de mieux valoriser ces industries. Née au Bénin, l’idée a pris corps aujourd’hui. Cette volonté de proposer une plateforme propice au développement de ces industries a été réitérée lors du discours d’ouverture du Président Emmanuel Macron le 6 octobre, au Forum Création Africa.

    Pour faire simple, c’est l’opportunité pour tous les acteurs des industries culturelles et créatives du continent de se retrouver et d’échanger ensemble, puis de parler au reste du monde et de tisser de nouveaux liens. 

    Les Industries Culturelles et Créatives,  ce sont entre autres : le jeu vidéo, les séries TV, le cinéma d’animation, la bande dessinée et les mondes immersifs, notamment les réalités augmentées et réalités virtuelles. Autrement dit, les grands axes de la création numérique et de l’édition. 

    Forum Création Africa

    Un Forum pour le brassage ? Une opportunité en or pour les jeunes initiatives 

    Le grand obstacle des entrepreneurs-créateurs a toujours été l’accès aux bonnes plateformes et aux bonnes opportunités. C’est le cas partout sur la planète, et c’est encore plus vrai sur le continent. En proposant la Gaîté Lyrique comme creuset pour une telle réunion de plus de 300 talents créatifs, entrepreneurs et pionniers africains, la France parvient à se positionner en tant que partenaire utile. Une aubaine pour des créatifs africains qui peinent souvent à trouver de tels partenaires dans leurs propres pays.

    En tout, ce sont plus de 300 invités africains venant de 34 pays, parmi lesquels 4 créateurs et créatrices béninois, ont participé à ce forum. C’est aussi, plus de 70 intervenants, une soixantaine d’entreprises françaises en recherche de projets innovants, 5 pôles régionaux de formation, et un pôle serviciel regroupant des opérateurs clés français, entre autres…

    Le deuxième grand but du Forum Création Africa, c’est de servir de porte-voix à la création de contenus africains, tous formats confondus. On pense notamment au cinéma, à la bande dessinée, à la télévision et toutes autres formes de récits et narratifs africains. C’est dans ce contexte que les participants ont pu découvrir : une vingtaine de films d’animation et séries télévisées, deux expositions de réalité augmentée, 14 œuvres et jeux vidéo à tester en réalité virtuelle, deux œuvres originales en mapping vidéo produites au Kenya et en Afrique du Sud, à vivre en expérience immersive.

    D’ailleurs, Faissol Gnonlonfin, réalisateur et producteur béninois a reçu le prestigieux prix  » séjour création » pour les séries TV, des mains de la ministre française de la culture.

    Quand les acteurs institutionnels accompagnent les industries culturelles et créatives 

    Cette première édition du Forum Création Africa démontre parfaitement que l’événement deviendra un sommet culturel incontournable pour les acteurs des ICC en Afrique, en France et dans le reste de l’Europe et du monde. Porté par la diplomatie française, c’est un nouveau rendez-vous incontournable du paysage culturel. Et surtout, c’est une occasion en or pour les entrepreneurs-créateurs africains qui recherchent de nouvelles opportunités de faire valoir leurs créations.

    Si sur le continent africain tous les pays semblent comprendre l’importance des biens culturels, il y a encore de véritables blocages quant aux formats qui jouissent de l’accompagnement des partenaires institutionnels. Cette première édition du Forum Création Africa qui met l’accent sur la création numérique est donc une opportunité de plus, de mettre en lumière la richesse sous-exploitée de ces “nouveaux” biens culturels. On pense notamment au jeu-vidéo, à la réalité virtuelle et à l’e-sport, pour ne citer que quelques-uns. 

    Ceci replace l’action du Fonds d’Appui à l’Entrepreneuriat Culturel au Bénin dans son contexte. C’est une preuve, s’il en fallait encore, que les biens culturels et les industries qui les produisent présentent un intérêt considérable pour les acteurs institutionnels. 

    Forum Création Africa

    Le Forum Création Africa : quelle incidence pour l’e-sport au Bénin et en Afrique ? 

    Dans le débat autour des biens culturels, l’e-sport est rarement perçu comme un pilier important. Après tout, on n’y voit qu’un démembrement du jeu-vidéo ; ce qui est le cas. Mais, ce serait manquer de discernement, que d’imaginer que l’e-sport, dans toute sa complexité, peut être relégué au rang d’activité secondaire. À plus forte raison quand on sait que l’e-sport représente 300 milliards de dollars de chiffre d’affaires et que le continent africain compte plus de 200 millions de joueurs.

    C’est quelque chose que le Forum Création Africa semble avoir pris en compte. En effet, lors de l’événement, de nombreux pionniers de l’e-sport en Afrique ont été invités. Il s’agit notamment de Sidick Bakayoko (Paradise Game) qui a officié en qualité de commissaire jeu-vidéo de l’événement, de Baba Dioum (SENGAMES / SOLO E-SPORT), de Jennifer Lufau (Afrogameuses) Avec Désiré Koussawo (Président de France E-sport), ces intervenants ont notamment participé à des ateliers et panels de discussion autour de cette industrie naissante qu’est l’e-sport en Afrique. Précisons que le Bénin était également représenté par Médard Djékété (AfriGamers) qui était l’un des intervenants du Forum.

    Pour les joueurs africains, un tel événement est un creuset propice pour de nouveaux brassages et pour consolider les liens qui étaient déjà tissés entre les acteurs du continent. On ose également espérer que ce sera un moyen d’éveiller l’intérêt des partenaires privés et publics sur le plan national, qui souhaiteraient participer à cette valorisation des industries culturelles et créatives au Bénin et sur le reste du continent. 

    Il est utile de rappeler que le Forum Création Africa est organisé avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture, en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD), Business France, la Banque Publique d’investissement (Bpifrance) et l’Institut français.